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Ancien exemplaire de notre Lettre Boursière

Superpondeuse


mercredi 25 mars 2009

L’incroyable histoire de Superpondeuse et du boucher Benjamin

Rien de tel que la sagesse paysanne pour investir en Bourse …

Un jour, Joseph se rend au marché. Emile, marchand de volailles de son état, propose de lui vendre une poule « super pondeuse ». En effet, depuis 6 mois, elle pond un œuf chaque jour et ce, sans exception. Emile exhibe même un document, certifié par le vétérinaire, attestant que Superpondeuse réalise bel et bien cet exploit.

Le prix demandé par Emile pour Superpondeuse est de 15 euros.

Joseph est un malin : il calcule qu’à raison d’un œuf par jour pendant un an et demi (c’est l’espérance de vie escomptée pour Superpondeuse ), à raison d’un bénéfice net de 0,06 euros par œuf pondu, il aura récupéré 32,85 euros à la mort de la championne et donc plus que doublé son investissement.

Il conclu donc avec Emile sans même marchander, persuadé du « bon coup » qu’il vient de réaliser.

Très fier de son acquisition, notre rusé Joseph emporte le gallinacé dans son poulailler. Seulement voilà, ce qu’il ne savait pas, c’est qu’Emile donnait à Superpondeuse un mélange parfaitement dosé de maïs et de froment qui décuplait les capacités de ponte de la poule.

Notre brave Joseph, moins bon éleveur qu’Emile, n’offrait à sa poule que le surplus d’avoine de sa dernière récolte. Résultat : au lieu de pondre un œuf par jour, Superpondeuse ne pondait plus … qu’un œuf par semaine.

Très déçu de cette daubasse et ne voyant aucun moyen de rentabiliser son investissement, notre peu doué aviculteur propose à son voisin Benjamin G., le boucher du village de lui racheter Superpondeuse.

Benjamin G. aussi sait calculer : pour une poule de réforme de 1,5 kg qu’il vendra à la mère Germaine, il encaissera bien 3 euros. Il propose donc à notre brave Joseph de lui racheter sa poule à 2,5 euro.

« C’est toujours ça » se dit Joseph. « Au moins, j’aurai pas tout perdu ». Et il conclu la vente avec Benjamin G.

Et finalement qui a fait la meilleure affaire ? Joseph qui a acheté des espoirs de gain futurs en se basant uniquement sur un rendement passé … ou Benjamin G. qui a payé la poule pour ce qu’elle vaut aujourd’hui ?

La nuit qui suivit la transaction, Benjamin G fit un horrible cauchemard : il s’était trompé sur la valeur de Superpondeuse car l’alimentation que lui avait donné Joseph, le piètre aviculteur, avait surtout généré de la graisse et fait fondre les muscles de la poule. Une fois celle-ci abattue et la graisse superflue enlevée, elle ne valait plus que 2 euros alors que notre boucher en avait payé 2,5.

Benjamin se réveilla en sueur à la fois épouvanté par cette perspective mais aussi soulagé que ce ne soit qu’un rêve.

N’empêche que le lendemain matin, il se décide d’abattre Superpondeuse pour avoir enfin la certitude d’avoir payé un bon prix pour la malheureuse volaille. Alors qu’il s’apprêtait à tordre le cou du volatile, son cousin, expert de grande renommée dans l’élevage de poules pondeuses passe par là et s’écrie : « mais que vas-tu faire ? ». Benjamin, lui répond : « j’ai acheté à Joseph une poule de réforme, une vraie daubasse m’a-t-il dit, même pas capable de pondre un œuf par semaine. Je pense tirer un bon prix de sa viande en la vendant à la mère Germaine ».

Son cousin lui répond : « je la reconnais : c’est Superpondeuse ! Il m’étonnerait fort que ce soit vraiment une daubasse. Donne lui une juste proportion de maïs et de froment et je suis persuadé qu’elle n’est pas « has been ».

Benjamin a une grande confiance dans les qualités de dirigeants … heu pardon d’éleveur de son cousin et suit exactement ses instructions.

Peu de temps plus tard, Superpondeuse se remet à pondre avec la régularité d’un métronome non plus son œuf quotidien comme dans sa prime jeunesse (le changement d’alimentation imposé par Joseph avait déréglé son système de ponte) mais quatre œufs par semaine, ce qui suffisait amplement au bonheur de Benjamin car lorsque Superpondeuse mourut de sa belle mort, un an et demi après avoir été achetée par notre rusé boucher, celui-ci avait recueilli plus de 18 euros de profit sur la vente des œufs pondus par notre poule, ce qui a multiplié son investissement initial par 7.

Quant à nous chers lecteurs, nous espérons tout d’abord ne pas nous être trompés sur le poid de viande utile que nous pourrions retirer de nos daubasses en cas d’abattage … heu pardon … de mise en liquidation. Mais nous espérons aussi, pourquoi pas, que parmi celles-ci, se trouve l’une ou l’autre « Superpondeuse ».


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