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Ancien exemplaire de notre Lettre Boursière

Ce n’est pas la création de valeur pour les actionnaires qui enrichit les actionnaires


jeudi 17 mars 2011

C’est ce que nous allons tenter de vous démontrer grâce à une étude d’Eugène Fama et Kenneth French sur laquelle nous sommes tombés au hasard de nos pérégrinations sur le web   

« Quoi ! Vous, les chantres de l’investissement dans la valeur, vous allez vous baser sur une étude rédigée par l’un des pères de la théorie sur l’efficience des marchés ? »

Nous comprenons votre étonnement, ami lecteur, mais vous allez voir qu’il n’est pas question pour nous de « virer notre cuti » sur ce point.  D’ailleurs, Eugène considère que les marchés sont correctement évalués si les opérateurs interprètent avec justesse les informations qu'ils ont à leur disposition. Les différentes crises « d’euphorie-dépression » dont Mr Market  nous gratifie sont là pour nous démontrer que le raisonnement de ces opérateurs n’est que rarement correct et l’efficience peut-être pas aussi présente que certains semblent le penser.  Mais revenons à cette fameuse étude.

Nos deux compères partent du postulat que le rendement généré par une action est composé de trois facteurs :

-         le dividende distribué

-         la croissance de sa valeur d’actif net

-         la croissance du ratio cours/valeur d’actif net

L’équipe des Daubasses ne peut que marquer son accord avec ce postulat. Notez tout de même qu’un désaccord de notre  part n’aurait certainement pas procuré des crises d’angoisse à ces deux illustres universitaires.

Eugène et Kenneth ont ensuite étudié le comportement de 6 types de portefeuilles dans lesquels ils ont regroupé 6 types de sociétés :

-         les small cap value

-         les small cap growth

-         les small cap neutres

-         les  big cap value

-         les big cap growth

-         les big cap neutres

Les “value” sont les sociétés cotant à un faible “price to book” et les « growth » sont les sociétés cotant à un haut « price to book ». 

Des « small cap cotant à un faible price to book » ? Cela ne correspond-t-il pas à  vos chères daubasses ?

Si nous schématisons, on peut effectivement considérer, cher lecteur, que c’est effectivement la catégorie de sociétés dans laquelle nous investissons habituellement pour notre portefeuille.

L’étude porte sur la période 1963 – 2003.

1ere phase de l’étude : quel est le rendement procuré si on ne considère que les dividendes en faisant abstraction des deux autres facteurs ?

Nous remarquons que sur ce plan, les portefeuilles « growth » sous performent nettement les portefeuilles « value » : les « small growth » et « big growth » génèrent un rendement sur dividende nettement inférieur à la moyenne du marché alors  que les «big  value » le surperforment allègrement.  Les « small value » restent, quant à elles, légèrement en deçà de la moyenne générale.

 

2e phase de l’étude : quel est le rendement procuré si on ne considère que la croissance des fonds propres en faisant abstraction des deux autres facteurs ?

Les « small growth » surperforment largement le marché et les autre types d’actions. Et nous constatons aussi que sur la durée, les « small value » voient leur fonds propres DIMINUER . Des vraies daubasses quoi !

Et lorsqu’on cumule les facteurs 1 et 2, ce n’est guère plus brillant pour nos « daubasses » : comme vous pouvez le constater dans le 3e tableau ci-dessous,  le segment « croissance » surperforme largement les autres catégories alors que notre segment de prédilection, les « small value », génère un rendement à peine positif et, en tout cas, inférieur à l’inflation.

 

3e phase de l’étude : quel est le rendement procuré si on ne considère que la croissance du ratio « price to book » en faisant abstraction des deux autres facteurs ?

Et c’est ici que survient LA révélation !  La variation du ratio est proche de 0 pour la moyenne du marché, ce qui semble assez logique finalement.  Par contre, nos « daubasses » voient, en moyenne, leur ratio cours/valeur comptable augmenter de 16,19 % caracolant loin devant tous leurs confrères et notamment les « growth » dont le ratio price-to-book a tendance à diminuer sur la durée.

 

Conclusions

Lorsque l’on cumule le rendement procuré par ces trois facteurs, nous pouvons constater que, sur la durée, ce sont bel et bien les « daubasses small cap à faible ratio cours/fonds propres » qui génèrent le meilleur rendement et la catégorie des sociétés à haut ratio « cours/fonds propres » qui sous performent le marché.

 

Nous pensons que ceci remet en lumière, une fois de plus, le trop peu de cas que fait la majorité des investisseurs de la capacité de rattrapage d’une sous évaluation par le marché.

Le découpage de la performance en 3 étapes comme l’ont réalisé Farma et French permet de se rendre compte de deux choses :

-         Sur base des facteurs 1 et 2 qui sont strictement économiques, les sociétés de croissance,  et singulièrement les small cap, génèrent bien plus de valeur pour les actionnaires que tous les autres types d’investissement

-         Par contre, l’étude nous démontre aussi toute l’importance à accorder au prix payé : malgré leur surperformance économique, les actions payées trop chers par rapport à la valeur de leurs actifs fourniront un rendement final aux actionnaires bien inférieures aux sociétés moins performantes mais pour lesquelles on a acquis les actifs à un prix défiant toute concurrence.  Ainsi, 100 dollars investis sur des big cap cotant à plusieurs multiples de leur fonds propres sont devenus, sur la période de 40 ans sous revue, 3 827,45 dollars. Mais les mêmes 100 dollars investis sur des « mini sociétés » acquises à un prix significativement attrayant par rapport à leurs fonds propres sont devenus … 48 011,54 dollars, soit 12,5 fois plus !


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