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Avant toute chose, qu'est-ce qu'une Daubasse???
Comme dirait le célèbre Warren Buffett, il s'agit de mégots de cigares, des ferrailles à recycler, des rebuts de dépôts d’immondice, bref… des daubasses! En clair, nous investissons uniquement dans des sociétés cotant largement sous la valeur de leurs actifs net de dettes.
C'est quoi les actifs net de dettes?
Benjamin Graham, qui est considéré comme le "père des investisseurs value", fut professeur de Warren Buffett et aussi son ancien employeur. Il est l’auteur de deux œuvres magistrales, considérées comme la bible des investisseurs "dans la valeur" : Security Analysis et The Intelligent Investor.
Entre autres, Graham a établi une technique de sélection de titres imparable! Voici cette technique:
| Acheter des sociétés qui cotent sous leur valeur de fonds de roulement net, c’est-à-dire la valeur de leurs actifs à court terme (stocks, créances, liquidités,...) moins la valeur totale des dettes. |
De cette manière, on obtient tous les autres actifs (terrains, construction, installation, mobilier, goodwill, brevet ou licence, ...) gratuitement!!!
Il est rare de rencontrer un grand nombre de sociétés cotant si bon marché. Dans son édition de 1972 de "L’investisseur Intelligent", Benjamin Graham écrivait : «Examinons un dernier exemple sur ces opportunités en or d’antan qui n’existent plus aujourd’hui. Beaucoup de nos propres opérations de bourses se concentraient sur la recherche de bonnes affaires. Nous appelons ainsi ces titres dont les cours étaient inférieurs à leur fonds de roulement net. A l’évidence, ces titres se vendaient à un prix bien inférieur à la valeur marchande privée de l’entreprise. Aucun propriétaire ou actionnaire majoritaire de tels biens industriels ne songerait un instant à les brader aux prix reflétés par les cours. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il fut un temps où de telles anomalies n’étaient pas si rares que cela. Nous avons publié en 1957 une liste de 200 titres qui offraient de telles caractéristiques. D’une façon ou d’une autre, toutes ces bonnes occasions ont tenu leur promesse et la rentabilité annuelle que nous en avons tirée fut très supérieure à ce que nous pouvions trouver sur des formes plus courantes d’investissement. Hélas, ces occasions ont disparu en 10 ans et, avec elle, la possibilité d’investir intelligemment et à peu de risques».
Aujourd’hui, après le krach boursier vécu en 2008, il semble que ces opportunités disparues fassent leur réapparition.
Monsieur Marché (personnage maniaco dépressif cher à Benjamin Graham) semble multiplier actuellement les possibilités d’investir en payant moins que la valeur du fonds de roulement net des entreprises (nous utilisons aussi le terme «valeur d’actif net net»). Nous souhaitons profiter de cette situation de marché exceptionnelle et avons souhaité vérifier que les préceptes de Graham étaient toujours valables aujourd’hui. Notre souci était double : nous voulions pouvoir constituer un portefeuille "net net" suffisamment diversifié et aussi continuer à investir, chacun de notre côté, dans des sociétés présentant un profil plus qualitatif.
Cependant, nous pensons qu’un autre type d’actif mérite aussi toute notre attention. Il s’agit de l’immobilier. Nous pensons effectivement qu’acheter une société avec une grosse décote sur la valeur des immeubles qu’elle possède est tout aussi cohérent que d’acheter une société avec une grosse décote sur ses stocks et ses créances mais qui n’est pas propriétaire de l’immobilier qu’elle utilise pour son exploitation. De plus, nous travaillons sur base d’une valeur qui n’apparait pas au premier coup d’œil dans le bilan, c’est-à-dire la valeur d’acquisition des immeubles. Pour trouver cette valeur, il ne suffit pas de travailler avec des bases de données, il faut réellement "gratter" dans le rapport de gestion.
Pourquoi les "Daubasses selon Graham" ? Parce qu’il est évident que si une société nous est proposée à des prix aussi attrayants, c’est qu’il y a une raison ou plutôt que Monsieur Marché y voit une raison. Il peut s’agir de sociétés en perte, ou très cycliques, ou dont le marché entrevoit des perspectives peu encourageantes. Bref, ce sont en général de vraies daubasses.
Pour nous, le fait qu’il s’agisse d’entreprise peu performantes n’est pas grave en soi : en réalité, nous n’achetons pas des entreprises mais bien du cash, des stocks, des créances ou des immeubles sous leurs valeurs présumées de réalisation, l’entreprise elle-même nous étant offerte en sus. Bien sûr, parmi ces daubasses, il existe un risque bien réel de faillite pour certaines d’entre elles. Nous avons tenté de limiter ce risque en ne sélectionnant que des entreprises dont les fonds propres représentent au moins 40 % du total de bilan. Nous avons aussi corrigé la valeur des stocks et des créances (et donc la valeur du fonds de roulement net) en fonction de leur rotation : les sociétés présentant au dernier exercice comptable des stocks ou des créances dont la rotation annuelle est significativement supérieure à la moyenne des exercices précédents ont vu leur valeur "net net" rectifiée pour la valeur des stocks ou des créances dépassant de 20 % le taux de rotation moyen des exercices précédents. De cette manière, nous tentons d’éviter les entreprises dont l’actif circulant serait surévalué ou celles qui éprouveraient de grosses difficultés à réaliser un de ces deux éléments.
Parce que nous pensons qu’un actif reste un actif, il peut perdre un peu de valeur en fonction de la conjoncture mais il a bel et bien une «existence».
Parce qu’en investissant sur base du fonds de roulement net, nous investissons uniquement sur du concret et non sur des projections futures ou du «rêve».
Parce que l’actif circulant est l’actif le plus liquide et le plus facilement négociable pour une entreprise.
Parce qu’aucune transaction privée ne se ferait à des prix aussi bas.
Parce que nous voulons nous détacher le plus possible des tsunamis qui secouent la planète financière et nous concentrer sur la valeur des entreprises elles-mêmes.
Pour toutes ces raisons, nous pensons que la méthode des net-net et des net-estates permet d’obtenir, à long terme, des rendements supérieurs à la moyenne.
Résultats?
Une surperformance de plus de 250% par rapport à notre indice de référence (le tracker Lyxor© MSCI World, dividendes inclus)!
Ainsi donc, les illustres maîtres Graham, Schloss et consorts avaient raison : les net net, ça marche !
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